Karine MEUZARD et Christian CLOT partent en février 2006 pour une nouvelle expédition dans les montagnes de Terre de Feu, plus ambitieuse tant dans la durée que dans ses objectifs. 
INFOS par TEL.: Sur le départ le 18/2/06... A suivre
Plus d'infos: www.ultimaterra.net

9/2/2006 . Bonjour a tous.
Dans quelques heures, apres des mois de travail épuisant, nous allons enfin tous prendre le bateau qui va quitter Punta Arenas pour nous emmener vers la Cordillera Darwin. Cette dernière ligne droite avant de partir me fait penser au théâtre. Deux heures avant la première, les techniciens scient encore le decor, les comédiens courent partout a la recherche de leurs derniers bouts de costumes, rien ne paraît prêt, rien n'est prêt. Puis soudain, deux heures plus tard, le rideau se lève sur un magnifique spectacle ou tout paraît réglé depuis des semaines… Magie du spectacle, magie de l'expedition…. A la différence que nous ne pouvons nous permettre un bide ou un oubli dans ces montagnes ! Alors nous avons minutieusement vérifié chaque détail, chaque manip pour être sûrs que notre rideau se lèvera sur une expe autant splendide et riche en péripéties et découverte que sécurisée. Nous sommes prêts, autant que peut l'être ce genre d'expédition où la préparation et tous ses aléas paraît toujours un peu trop courte.
Merci en tout cas a tout ceux qui nous ont permis d'être là. Partenaires, amis, médias qui nous soutiennent sans faille. Quand aux autres, ceux qui ne promettent que de l'air, les incapables dans leurs travail et autres douaniers peut compréhensifs, si jamais ils lisent ces lignes, nous partons bel et bien, vous le voyez, même si jusqu'au dernier moment, aujourd'hui en fait, le départ a faillit être reporté, voir annulé à cause de leur zèle à l'envers…
Demain, la Cordillera Darwin et un peu plus de deux mois d'expédition. Une terre "nouvelle", un lieu inexploré, une quête… Qui perdure grâce à ce départ. Que dire de plus aujourd'hui, si ce n'est a bientôt, à tous. Nous allons là ou nous désirons aller depuis deux ans de préparation, là où nous conduisent nos rêves. Alors aucune inquiétude à avoir, pour vous si loin de nous. Nous revennons bientôt !
uivez-nous au travers de ces newsletters régulières et des émissions radios prévues (liste sur le site www.ultimaterra.com), avec cependant une remarque préalable. Nous communiquerons par Iridium, un appareil électronique (Qui peut tomber en panne), qui utilise une batterie (Que nous ne pourrons peut-être pas recharger) et des ondes (qui peuvent être bloquées pour plein de raison…) Donc c'est un système qui fonctionne très bien, mais si nous ne communiquons pas, une semaine ou deux, cela ne veut en aucun cas dire que nous avons nous des problèmes ou que nous sommes en danger. Juste que ce cher téléphone a décidé de ne pas fonctionner…
Ceci dit, bon suivi a tous.
Nous pensons a vous. Pour Ultima Cordillera 2006 Christian Clot

26/2/2006
"Hello,
Après un vol sans histoire, me voici à Santiago. Un vol, je dis bien car les étapes au sol n’ont pas été de même. Vol annulé à Paris, je me fais recaser in extremis dans un autre vol pour Madrid d’où part mon avion pour Santiago… Et qui doit décoller à l’heure où j’arrive à Madrid avec mon vol de Paris, dans un terminal à l’autre bout de l’aéroport à 25 minutes en train de là !!
Donc une heure de palabre avec les hôtesses et le commandant en second dans le vol Paris-Madrid pour avoir finalement une voiture qui m’attend au pied de l’avion à l’atterissage. Sirène allumée, je vois défiler les pistes et on arrive au pied d’une passerelle installée pour moi. Je monte dans l’avion, les portes se ferment et trois minutes plus tard nous nous lançons sur le piste. Ouf, merci Lan Chile qui a été plutôt réactif sur le coup. Et le plus incroyable dans tout cela, je n’ai pas encore compris comment, c’est que mon bagage de soute a suivi le mouvement et m’attendait bien sagement à Santiago, avec ses 15 kilos de nourriture spéciale alors qu’il est interdit de faire entrer le moindre aliment au Chili. Au moindre truc suspect au scanner, les témoins s’allument avec une belle sirène et les personnes avec un citron ou autre sont refoulés. Mais rassurez-vous, couteau, piolet ou arme à feu passent sans problème. Donc je passe à la douane en faisant attention que la plupart des douaniers s’amusent avec une pauvre allemande férue de bio qui avait envie d’avoir son bon pain noir made in deutchland pour ses vacnances, en expliquant à la responsable du scanner que les sirènes qui sonnent au passage de mon sac ne sont dues qu’à un misérable paquet de biscuit que je lui sort et lui laisse avec plaisir, et tout va bien… Du coup, petit message perso, Karine, n’oublie pas tes biscuits la semaine prochaine !
Bon, un peu long comme intro je le sais. Rassurez-vous, la suite sera plus courte, car je perd un peu mes mots (profitez-en, ce n’est pas si souvent !).
Je suis à Santiago. Je suis parti. C’est inimaginable comme cette arrivée au Chili me paraît irréelle et pourtant tellement évidente. J’ai passé les 13 heures de vol à ne rien faire. Depuis combien de temps je n’ai pas passé un tel nombre d’heure sans travailler. Et soudain, la chaleur, la sortie de l’aéroport et les odeurs, cet espagnol si différent de Madrid... Le Chili. En quelques minutes une fois dans le bus en direction de la ville, dans ces paysages arides, j’ai compris pourquoi j’etais là. J’ai pu balayer ces mois de travail et de folie, intégrer ce simple fait que j’aurais pu oublier si je n’etais pas parti, si nous avions repoussé : Cela en vaut la peine. Sans conteste possible. C’est pour ces moments que je vis.
Alors bien entendu, en France il reste tout ces amis que je n’ai pas eu le temps de voir, mes proches a qui je n’ai jamais pu donner assez de temps. Et rien ne me le rendra. Ni a eux. Et j’en suis desole. Egoïsme ? Peut-etre. Qu ’ils m’en excusent s’il le peuvent et qu’ils sachent que, si je ne peux me passer d’eux, si je les aime d’une amitié ou d’un amour sans faille, ma vie prend tout son sens dans ces moments où l’air ne se respire pas seulement avec les poumons, mais avec chaque porc de peau, chaque parcelle de corps.
Sans ces voyages ou autres instants d’absolus tellement à l’oppose du principe de precaution mortel que l’on assène partout chez nous comme des évidences et seule vérité, je ne suis pas certain que je trouverais mes repères. Il faut aller au bout de soi. J’ai souvent voulu etre un oiseau, pour avoir la liberté de ce dernier. Aujourd’hui je n’en suis plus sur, car a la difference de ces splendides animaux, j’ai pleinement conscience des libertes que je m’octroie. Et c’est tellement bon.
Alors, dans quelque jours, la Cordillera Darwin et le vrai depart, la vraie justification de tout cela.... Une expédition tellement dans le sens de cette forme de quête que nous avons entamé sans le savoir il y a quelques années, en mettant la clef sous la porte pour partir au Nepal... Mais deja, maintenant, je me sens bien....
A bientot pour des messages sur cette nouvelle aventure, avec moins de digressions personnelles je vous rassure..."
Christian, depuis Santiago de Chile.