Le clip diapos de l'éxpédition ne partenariat avec la FFME
Salut ...
Nous revenons juste du Pérou où nous avons ouvert deux voie; une au Chacraraju et une autre au Jirishanca.
Avant de vous passer quelques photos que nous attendons, voici déjà quelques mots sur notre petit voyage et les topos provisoirs (celui du Chacra a un peu changé).
Nous avons aussi quelques images filmées. Dès que l'on a monté un truc on vous tiens au courant
A +, Did ............................................................Simond, partenaire de l'expédition
Voir les topos des Voies: Chacraraju - Jirishanca
Un bueno momento y la buena suerte
Voici quelques nouvelles de notre expédition au Pérou. D'abord nous avons eu beaucoup de plaisir à retrouver ces péruviens toujours aussi accueillants et ce pays si vivant. Encore une fois nous tombons sous le charme de Huaraz et de ces nuits au "Tambo" …
Mais aussi les montagnes de la Cordillère Blanche, après un an … et le Chacraraju tant attendu … Ce voyage fut comme un rêve, de tant en temps difficile avec le retour de Christophe, de temps en temps magique comme au sommet du Jirishanca. Nous avons passé deux mois inoubliables, mais si court … comme un rêve.

Un petit résumé :
Aymeric Clouet et Didier Jourdain, membres de l'Equipe Nationale Jeune Alpiniste, ont ouverts une nouvelle voie, le 15 août 2003, dans la face sud du Chacraraju Est (6001m). Une superbe directe dans le bastion rocheux, avec du mixte difficile à faire pâlir la Rébuffat -Terray au Peigne, le tout aux environs de 5800m, avec en toile de fond le Chopicalqui, les Huascaran, les Huandoy … Une ouverture réalisée en mémoire des copains Arnaud, François et Marshal emportés par un sérac en juillet dernier.
Le 9 septembre 2003, ils sont au sommet du Jirishanca (6096m), un moment magique, après une esthétique ascension de la face Est. 900 mètres de bon calcaire, d'escalade libre, puis une arête vertigineusement effilée au dessus de la magnifique et perdue Cordillère Huayhuash. Onze jours de grimpe avec un assaut final de sept jours pour le sommet …

"Un bueno momento y la buena suerte"...
Pour commercer, notre acclimatation fut un peu loupée au San Juan (5800m), nous avons juste passé une nuit à 5200m pour redescendre fatigués ou malade : c'était bien présomptueux 5800m ! Nous avions pourtant fait plusieurs Mont Blanc ! Mais après quelques nuits à Huaraz, l'envoûtante et la colorée ville de la Cordillère Blanche, et quelques pas de danse au "El Tambo", tout allait déjà beaucoup mieux. Alors nous sommes aller à la Torre del Paron, le Sphinx (5325m). Nous jouâmes à vue avec le magnifique granite de Cruz del Sur, un diamant rouge de 800m (7c+), tant de plaisir pour un enchaînement en libre … Une voie sérieuse mais moins difficile que prévue, heureusement ! Puis pour finir notre acclimatation, nous sommes allés au Chopicalqui (6356m). Ce fut dur et Christophe est vraiment tombé malade. Après des débuts d'œdèmes pulmonaires il a décidé de rentrer se reposer tranquillement en France. Une dure épreuve pour lui alors que les sacs pour le Chacraraju étaient déjà près !
Une sacrée belle croix, un sacrement beau combat de 24 h, un vent á vous transpercer toutes les couches gore-tex, wind-stop et doudoune comprise, Rahhhhhhhhhhhhhhh que c'était bon! Aymeric avait déjà tenté cette voie l'année dernière avec Arnaud Drouet, une tentative arrêtée par le mauvais temps, ils étaient déjà haut dans la face. Je connaissais déjà la montagne, j'y avais fait deux voies, aussi l'année passée. Remontés à bloc, nous avons rapidement remonté le couloir ice flûte juste avant les premiers rayons du soleil et une grosse avalanche ! Ouf ! Et nous commencions les premières difficultés. Glace fine, neige collée, rocher, cigare de glace … pour du mixte de fou : grandiose … Nous avons atteints l'arête et la voie Japonaise par un énorme champignon de neige, mais aussi un vent violent et glacé. Une longueur plus haut, nous avons été contraints de redescendre sans le sommet pourtant si proche, complètement frigorifiés. Dur moment mais avec le vent, le froid s'aurait été une folie ? "En el alto, el viento sera nuestra recompensa", 700m ED+.
Après une semaine d'abord de repos , puis de préparation avec un peu de bloc tout de même dans un site mythique, "El Castillo del Tiempo", nous avons quitté Huaraz pour trois semaines perdus dans la Cordillère Huayhuash. La neige nous a accueilli et nos sacs prirent un bain en traversant une rivière. D'abord cinq jours de neige, de grêle, de pluie … et la face blanche. Le moral au noir sous la tente. Alors c'est lecture, cuisine, portage au pied de la face et dodo. Mais la montagne est là et quelle montagne ! Une des plus belle montagne du monde, " comme un enfant dessinerait une montagne" … Et un rocher que tu ne pourrais même pas imaginer, des gouttes d'eau monstrueuses sur 20 longueurs, puis une arête style Pérou bien en chantilly avec quelques passages de dévers en glace, de corniches ou d'ices flûtes. En 4 jours avec un temps un peu meilleur, nous avons fixé les 300 m du premiers mètres du socles
après s'être battu avec des longueurs d'artif en dévers, à patauger dans la boue et à désherber la paroi. 2 jours de repos, puis nous sommes partis avec les huit jours de nourritures qu'il nous restait, pour 7 jours d'ascension non stop avec le beau temps qui nous sourie les trois derniers jours. 900 mètres de rocher raide et du grand libre en fissure, puis l'arête vertigineuse nous mena, après une nuit dans une grotte de glace, telle la corde d'un funambule à ce sommet magique tant rêvé : "un sommet à la Samivel". Un combat de malade mental, du libre, des bout d'artif, des bivouacs et une grotte de glace ... Nous planions au milieu des Yerupara, Siula Grande et autres Jirishanca comme ce Condor qui nous caressait de temps en temps le dos, de ses grandes ailes… L'orage et la tempête de neige recommencèrent au dernier rappel … "la Buena Suerte"…Et la bouffe : just, just, just.... nous avons dû redescendre à marche forcée (avec des mules quand même) jusqu'au premier patelin histoire de s'ouvrir le bide qui devenait bien creux et retrouver la civilization... 29 longueurs et pas petites ! et ce sommet magique ... 1200m ED+.
Nos aventures après étaient plus tournées vers le voyage, à tester tous les plats locaux et à faire la sieste.


Merci à Béal, Quecha, Simond, Petzl-Charlet et Expé