Etat de Jalisco
C'est dans cet état que commence notre périple et où nous atteignons Tapalpa pour participer à une épreuve de pré-Coupe du Monde. Après avoir loué une voiture à l'aéroport (prévoir la location avant de partir, depuis la France), nous roulons pendant trois bonnes heures plein sud (direction Colima) pour arriver dans un magnifique petit village typique : Tapalpa, perché sur un plateau à 2000 mètres d'altitude.
Le décollage qui regarde l'Est, est à 10 kilomètres du village, sur la bordure de ce plateau couvert d'une végétation de conifères et parsemé de champs et d'autres 'pueblos'. Le bord du plateau descend progressivement vers une plaine aride dont le fond plat est la conséquence de l'assèchement de lacs appelés communément lagunes. Le sol y est recouvert d'une couche de sable très fin. L'activité aérologique est influencée par un système de brises entre le plateau et cette plaine. Au nord-est, d'autres reliefs, plus petits, délimitent ces lagunes. Sur ces reliefs, se trouve un deuxième décollage, San Marcos. C'est un site ouest, qui fait office de site de secours lorsque le vent est arrière à Tapalpa. Derrière San Marcos, un lac de 120 km de longueur (le lac de Chapala) recouvre une bonne partie du territoire. Sur ses rives, le vol est possible et permet d'envisager des manches ou des cross depuis Tapalpa ou San Marcos.
A cette époque de l'année, en règle générale, le vent météo n'est pas très présent, Il est de secteur ouest le matin et s'oriente sud sud-ouest dans la journée. La convection du matin est matérialisée par des dusts et déclenchements thermiques sur les lagunes. Parfois une densité de sable est projetée dans le ciel et rend la visibilité plus faible. Les brises de la lagune de Tapalpa et celle de San Marcos engendrent une remarquable confluence qui nous propulse jusqu'à 4000 mètres dans une aérologie relativement homogène mais parfois forte (+6 mètres par seconde sur 2000 mètres de dénivelé).
A cette altitude, tout s'éclaircit, nous sommes en dessus de la couche d'inversion. Le vol nous semble magique. Sous nos pieds, le sol est à peine visible du fait de la densité de poussière véhiculée dans les ascendances. Nous nous baladons d'une lagune à l'autre en parcourant en aller-retour des distances de l'ordre de 80 kilomètres. Le record du Mexique, de 150 kilomètres, a été établi sur ce site. Un autre jour nous survolons la lisière du plateau de Tapalpa. Les brises du plateau entrent en conflits avec les déclenchements thermiques de la lagune et des pentes descendantes du plateau. Ce phénomène nous permet alors d'atteindre ici les 4500 mètres d'altitude. Le vol à Tapalpa est un enchaînement de plusieurs types de vols (thermique, soaring, confluence.). Tout l'échantillonnage de vols est passé en revue. Seul celui de haute montagne n'est pas représenté dans ceux que nous avons effectués, mais rien ne vous empêche de gravir le volcan de Colima (4400 mètres) et de décoller de ce point culminant. Le vol sera réalisable seulement le matin avant que les nuages n'envahissent le sommet. Les nuages, je ne vous ai pas parlé des nuages; ils sont beaux, ils sont hauts, ils sont ronds dessus et plats dessous et parfois ils sont invisibles.