REPORTAGE METEO AVEC YAN GIEZENDANNER
L'inversion de température

La fin de l'été s'annonce sur les Alpes par la disparition des cumulus d'après-midi, la jaunisse des mélèzes et le retour des tee-shirts plus épais. Dès que le beau temps s'établit, de surcroît en hiver, une douce température flotte en moyenne montagne alors que les fonds de vallée et la plaine grelottent. En fait, il fait chaud en haut, froid en bas. Pourquoi ça donc ??

Le retour du soleil s'installe sous l'effet d'un anticyclone. Un anticyclone représente en réalité un dôme d'air plus important qu'ailleurs, à cet endroit, il y a plus d'air. Si vous voulez sur la terre, l'épaisseur de l'air n'est pas partout la même ; pour une raison toute simple liée à la température, l'épaisseur et donc le poids de l'air varie. Une fois l'anticyclone sur les Alpes, où aux Açores, c'est le même principe, l'épaisseur de l'air importante représente un certain poids. A ce moment là, les couches d'air empilées les unes sur les autres appuient sur celles placées en dessous, les couches d'air les plus basses sont compressées. Le miracle se produit ici : la compression de l'air entraîne son assèchement et surtout son réchauffement. Cet effet de compression provoque une augmentation de la température que nos ressentons dès notre intrusion dans cette plage douce, chaude en adret. Quant je vous parle de chaud, vous l'avez constaté, c'est par exemple à Chamonix -10° dans la vallée, +5° à Planpraz à 2000 m d'altitude.

Bien souvent, entre l'air froid en bas et l'air chaud en haut, une couche de nuages sert de séparation, c'est le fameux stratus bien connu des habitants du bassin Lémanique où le ciel reste désespérément gris et triste pendant de longues périodes. Au-dessus de ces mers de nuages, en moyenne 800 m et 1500/1800 m pour le temps chaud, le ciel reste d'un bleu insolent.

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