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Jean Afanassieff revient de l' expédition de Nicolas Vanier en Siberie ou il a fait des images .....
Impréssions ....


Salut a tous, Chamonix le 1/4/2006

Cela fait maintenant plus d’un mois que je suis rentré de mon équipée à travers la Sibérie avec Nicolas vannier et son équipe, tout d’un coup, j’ai l’impression que cela n’a jamais existé.
Pourtant, j’ai vu beaucoup de choses, essayé plusieurs engins motorisés, volé avec des Antonov 2 et 3, avions bi-plan au vrombissement apocalyptique, à l’hélicoptère MI-8 qui danse sur la piste avant de s’arracher du sol.
Les Antonov c’est une autre paire de manche, il faut avoir confiance dans ces avions qui ont de moins en moins l’occasion de voler en ex-Urss mais qui ont participé à son heure de gloire.
Voilà, j’ai réussi à tenir du lac Baïkal, la Perle de la Sibérie, jusqu’aux contreforts de l’Oural.
J’ai rencontré beaucoup de monde, des Russes évidements toutes catégories sociales confondues.
Je les ai filmés, enregistrés, nous avons partagé quelques verres pour célébrer ces rencontres entre gens d’ici et moi venu d’ailleurs. Connaissant un peu l’histoire de ce pays et de ses vagues souvent dramatiques, j’ai reçu de plein fouet des propos qui sur le moment étaient intéressants, mais qui à la longue devenaient répétitifs et pesants.
Ces échanges maintes fois répétés m’ont sans doute un peu atteint, il paraît que je suis une éponge émotionnelle, que je prends tout sur moi et que peu à peu je me laisse envahir.
Somme toute, avec l’équipe de Nicolas Vannier, qui elle, en apparence, n’avait ni la connaissance de la langue ni toutes les données que j’ai pu accumuler en douze années de voyages répétés aux quatre coins de l’ex-empire, j’ai partagé également des moments forts avec tous, surtout lors de mon équipée avec Didier Langou et le Canadien Rock Boivin.
Des « durs », des « pros » de la motoneige, de vrais hommes quoi ! Avec eux c’était la recherche de l’itinéraire, les choix à réaliser avec en plus le tournage, trouver le gîte et le couvert et souvent la fête le soir, parfois un peu trop…
Belle équipée, parfois trop froid, moins 40 degrés jusqu’à moins 53 degrés, un froid qui brûle comme le chaud qui consume comme l’amour, une sensation que l’on a envie de vivre mais de laquelle on peut avoir envie de s’échapper.
Nicolas Vannier, lui, avançait tranquillement avec son traîneau et ses chiens, quelle motivation, quelle constance, à sa place, j’aurais, je crois, abandonné depuis longtemps, Je ne suis vraiment pas fait pour être un héros…
J'ai vu les villes-champignons du Grand Nord, Sourgout, Khantimansisk, Yougorsk, à l’architecture plus que moderne, déroutante pour ces régions.
Tout ici, vit grâce au pétrole et au gaz, aux gisements situés à proximité où encore plus au nord.
Tout cela vit aussi grâce aux femmes et aux hommes qui depuis des décennies ont fait le non-choix ou le choix de s’installer ici. Et puis il faut amener toutes ses richesses plus loin et là, les hommes forts sont ceux qui détiennent au sein de puissantes sociétés, les clés des milliers de kilomètres de tuyaux qui acheminent gaz et pétrole plus loin, vers le sud de la Sibérie ou vers Moscou, Saint-Pétersbourg et, bien entendu, vers l’Europe.
Mais cette exploitation devenue peu à peu intensive engendre un prix à payer, un lourd tribu réglé par les populations locales qui n’ont pas accès au travail générer par le sous-sol. La Russie d’aujourd’hui se recentre, sur Moscou et les richesses situées à différents endroits de ce pays qui demeure le plus grand du monde. Une majorité de gens sont laissés sur le carreau, ils vivent et vivront sans doute encore longtemps comme ils ont vécu depuis des années, c’est-à-dire avec les moyens du bord.
Cela ne veut pas dire qu’ils sont malheureux, l’histoire Russe paraît avoir engendrer depuis des années lumières des facultés d’adaptations sur les êtres humains qui ne pourraient pas avoir cours en Europe ou en Amérique.
Pour une majorité de Russes, ce qui apparaît pour nous européens comme de la pauvreté extrême est pour eux l’utilisation d’un système « D », mis en place depuis fort longtemps de chaos en chaos. Bon, assez de géopolitique…
Départ le soir de Khantimansisk, le programme à évolué, Pierre Michaud a trouvé un super contact, le patron du tuyau local, le siège de sa société est situé à 400 kilomètres de là. Nous partons en voiture avec Manu, l’ingénieur du son, Thomas le co-réalisateur du film, caméraman et Anna l’interprète.
En cours de voyage, on change de voiture, on recharge tout le matériel dans un 4X4 Mercedes, destination Yougorsk.
Minuit, nous arrivons dans un hôtel luxueux, Oleg qui nous a accompagné avec sa BMW dîne avec nous. Il a préparé en accord avec son patron le programme demain, départ en hélicoptère MI-8 pour 5 heures de vol et rejoindre des éleveurs de rennes.
Tôt le matin, visite de la ville et du siège de la société « Tioumentransgaz » dont le patron Nikolaï Pavlovitch est un proche de Poutine. Sa compagnie fait 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au prix Russe du gaz et dix fois plus au cours européen. Il est en plus député de sa région en pleine expansion.
Oleg nous fait éviter l’aéroport et ses contrôles de sécurités, le MI-8 vient nous prendre sur une plate-forme en béton enneigée dans la forêt.
On vole maintenant au-dessus des immensités des plaines et des rivières de cette partie de la Sibérie située en bordure de la chaîne de l’Oural. Parfois l’hélicoptère descend un peu, un élan surgit de la forêt, on se précipite tous devant les hublots.
Au bout de deux heures de vol, le MI-8 doit se poser pour faire le plein, la région où l’on se dirige est proche du village de Saranpaul, mais là-bas, pas de kérosène.
Pendant que les mécanos font le plein, je vais me mettre au chaud dans une maisonnette, je croise un homme en uniforme et je lui demande s’il fait partie de l’équipage. Il me répond qu’il est le commandant de bord, le chef quoi ...
Très vite je m’aperçois qu’il n’est pas complètement au courrant de nos espérances, je le mets au parfum, nous désirons, Michaud, Anna, Manu, Thomas et moi, parvenir et nous poser près d’un camp d’éleveurs de rennes et si cela est possible, y laisser quelqu’un, moi en l’occurrence, pour filmer quelques jours.
Le commandant paraît d’accord, mais il faut que la personne déposée possède un moyen de communication, là-bas, nous serons éloignés de la première zone habitée, sans moyen de transport motorisé.
Je confirme au commandant que nous possédons un téléphone satellite.
Le Mi-8reprend son vol, à nouveau des paysages immenses et blancs, bon dieu que c’est grand la Sibérie ...
On approche d’une zone de forêt, la machine descend lentement et se pose dans une clairière.
La porte s’ouvre, une forme humaine dans le nuage de neige provoqué par le rotor de l’appareil apparaît, elle vient vers nous. Je descends et je découvre un homme qui fait partie de l’ethnie des Komis, il porte une tenue en peau de renne qui descend jusqu’aux genoux et qui lui entoure même le visage. Il a une ceinture avec des breloques et des grosses dents qui pendouillent.
Mes camarades descendent aussi, et nous nous dirigeons vers une isba au milieu des arbres situés à 200 mètres du lieu de l’atterrissage.
Au même moment, sans comprendre pourquoi, le MI-8 décolle, au bout de cinq minutes, la forêt a retrouvé son calme. Timidement, je parle avec un homme, tout petit, je lui fais part de notre intention de laisser une personne ici quelques jours. Je rentre avec précaution dans l’isba qui est assez grande, deux femmes avec des enfants sont à l’intérieur.
Un poêle ronronne et il procure une bonne chaleur. Dans cet espace bien utilisé, tout à l’air bien rangé.
Je ressors, et je retrouve mon bohomme rabougri avec sa tenue traditionnelle en compagnie d’un plus jeune, ils discutent avec Anna, notre interprète logistique, elle n’a pas l’air très à l’aise dans ce lieu un peu perdu.
Autour d’une sorte de corral, une trentaine de rennes sont rassemblés, se ne sont pas les beaux rennes Maral que j’ai pu voir dans L’Altaï où ceux des Evenks du Kamchatka, mais faute de « grives » se sont quand même des rennes.
Je repose ma question, puis-je rester avec vous ? Réponse : « seul, le brigadier peut décider » « Où est-il » « dans l’hélicoptère ».
Le MI-8 revient, Vassia le brigadier, le chef de cette brigade d’éleveurs de rennes qui dépend du Sovkhoze de Saranpaul, en descend. Les éleveurs de rennes vivent toujours à l’heure soviétique.
Anna explique la situation à Vassia, je vais vers Vassia, il comprend que je parle le russe et pour lui la situation ne pose aucun problème. Manu et Thomas se tournent vers moi : « comment tu sens la situation Jean ? », je suis rassuré sans l’être vraiment, dropé ici, seul, sans réel moyen de transport, éloigné de tout, cela me fait un peu peur.
Dans un premier temps, je leur réponds que je ne le sens pas très bien, avec l’âge, on commence à douter de tout… Puis je réfléchis à nouveau en essayant de retrouver mon énergie quasi légendaire et leur réponds : « Je reste », bien sûr sans téléphone…
Alors que Vassia apporte des cuisseaux de rennes gelés à l’équipage de bord, je descends tous mes sacs et demande à Pierre de me laisser deux bouteilles de cinquante centilitres de vodka.
Je m’assois sur mes sacs le temps que le MI-8 lance ses deux turbines et son immense rotor à plein gaz. Le pilote me fait un signe de la main, un nuage de neige se soulève, les yeux fermés j’entends la machine décoller.
Ça y est, le silence est de nouveau là, Vassia, qui paraît engoncé dans ses habits en peaux de bêtes, veut m’aider à porter mes sacs, je lui explique qu’avec la magnifique lumière, je vais faire quelques images.
Chose faite, je rejoins l’isba et sa chaleur, les rennes, bien entendus, ont disparu.
À l’intérieur, il faut fêter immédiatement cette rencontre, Vassia à l’air de m’apprécier, je sors une bouteille et c’est parti, mais sans excès. Les femmes s’affairent, autour du fourneau et de la table disposée contre une paroi de l’isba, elles ont un physique qui me paraît curieux, elles ne sont pas grandes, mais pas vraiment petite.
Elles ont plutôt un type Russe que Komis, mais en fais qu’est-ce qu’un Komis, je n’en avais jamais vu auparavant.
Je comprends que c’est une ethnie de type nordique qui au fils des temps s’est mélangée avec des russes et parfois avec des Nénettes.
Bref un peu de tout…
Je demande à Vassia à quelle heure il contacte chaque jour le Sovkhoze, simple, maintenant, il est quatre heures. Une des femmes, prends une petite planche en bois sur laquelle est fixée une dynamo servant à alimenter une radio d’un autre âge, la même que j’avais filmée quinze ans auparavant au Kamchatka chez les Evenks et qui devait déjà être utilisé depuis des lustres.
Seul problème trouver la manivelle de la dynamo. Vassia et Vera la cherchent, Vassia s’exclame :
« C’est les enfants qui ont encore joué avec, on va la retrouver et on contactera le sovkhoze demain ! »
J’explique à Vassia ce que je désire filmer, de la vie quotidienne, les rennes et pourquoi pas, rejoindre une autre brigade.
Aussitôt dit, aussitôt fait, je pars sur un traîneau attelé à deux rennes avec le jeune Kolia.
Nous nous frayons un passage dans la neige profonde au milieu des arbres serrés. Soit j’ai l’impression que je vais avoir une jambe ou un genou arraché par un arbre soit réellement je reçois un paquet de neige sur la figure à chaque choc contre un tronc…
C’est vraiment pas évident de trouver leurs rennes, finalement, on les trouve, je filme. Parfais, on rentre.
Au camp, pendant notre absence, ils ont fait chauffer « le bania » situé dans une petite isba à 100 mètres, le bain à la russe, que l’on trouve souvent partout dans le pays. Surtout là où il n’y a pas l’eau courante et dieu sait si cela ne manque pas.
Vassia m’encourage à y aller avec Kolia, j’y vais, trop froid dehors, trop chaud dedans.
Lorsque je sors trempé, les autres membres de la brigade tentent de faire démarrer un vieux groupe électrogène pour allumer quelques ampoules dehors et à l’intérieur. Cela va leur demander pas mal d’effort, ils parviennent à faire fonctionner l’engin poussif et à réaliser des branchements électriques de fortunes.
Et c’est parti pour la soirée, renne mijoté, oignons crus et un peu de vodka, Vassia est vraiment heureux. Sous la lumière électrique de quelques ampoules blafardes, je filme, puis Vera et Lara décrochent des perches en bois horizontales accrochées au plafond.
Ces perches entraînent vers le bas un tissu qui va créer un espace et faire office de chambre pour les deux couples. Ensuite, elles déroulent des matelas pour les autres occupants.
Je m’endors au milieu de mes nouveaux compagnons. Au petit matin, le poêle s’est éteint, l’ambiance est fraîche, quelqu’un m’appelle : « Vania (diminutif de Jean/Ivan en russe), Vania, il faut te lever ».
Bon dieu, ça paraît un peu tôt et trop froid…
On y va, petit-déjeuner, café, renne, je veux filmer un vrai troupeau, Vassia me répond, « Problème niet !».
La brigade revêtue de ces vêtements en peaux finalement bien pratiques et adaptés se disperse, les éleveurs sont partis presque trop vite, je ne sais même pas vers quelle direction ils sont allés.
Au bout d’un certain temps, ils reviennent avec une trentaine de bête, un enfant avec une tenue taillée sur mesure sort les rejoindre, images sympas…
Les éleveurs attachent des rennes, les détachent, les observent, je n’y comprends pas grand-chose, mais après avoir fait quelques plans, je demande à Vassia s’il ne pourrait pas encore ramener plus de rennes et qu’il n’oublie pas que je désire me rendre chez une autre brigade.
Problème niet !
Quelques heures et péripétie plus tard, alors que la magnifique lumière du coucher du soleil commence à baisser, un traîneau attelé à trois rennes surgit dans la clairière, c’est Vassia, il m’indique le corral où ils vont rassembler les bêtes. D’autres traîneaux arrivent, puis le troupeau, conséquent.
Sous les cris des éleveurs et les aboiements des chiens, les rennes se retrouvent prisonniers.
Vassia et ses collègues vont maintenant passer un certain temps à attraper quelques rennes avec des lassos en cuirs.
Nous sommes maintenant de retour dans l’isba, le repas se prépare, la manivelle de la dynamo a été retrouvée et une vacation radio a été effectuée avec la direction du sovkhoze.
Plus de vodka, Vassia me propose de goûter une sorte de boisson fermentée « maison », je n’ose pas refuser et vide quelques verres.
Il en profite pour m’annoncer qu’un traîneau attelé est près pour moi et que je pars ce soir à quarante kilomètres d’ici avec Kolia pour visiter une autre brigade, la huitième.
Je lui réponds qu’il un peu froid la nuit, de jour, cela serait mieux…Vassia me répond, « Tu as vu Vania, c’est la pleine lune, pour nous les Komis, le jour la nuit c’est pareil ».
Avec de tels arguments, je ne peux qu’accepter, en plus, Vassia m’offre royalement une magnifique dent d’ours qui orne sa ceinture.
22 heure trente, un petit verre de boisson locale, le reste dans le thermos et nous sortons, comme à chaque fois que la porte s’ouvre un nuage de vapeur pénètre dans l’isba.
Deux attelages de trois rennes chacun sont prêts, un pour Kolia, un pour moi. Dans un froid polaire, Vassia m’explique les rudiments de la conduite de l’attelage. Le renne de gauche porte les rênes en cuirs, tu tire à gauche, ils vont à gauche, tu tire à droite, ils vont à droite. « Évident de sagesse », mais cela allait s’avérer moins simple que cela…Mes amis fixent mes sacs sur le petit traîneau en bois, je m’assois tant bien que mal, je prends les rênes du renne de gauche et pour couronner le tout, Vassia me tend dans la main une perche en bois de quatre mètre de long qui doit me servir à les faire avancer.
Et c’est parti ! Pleine lune, pas moche, clairière, petite forêt. Au début j’ai l’impression d’être dans un conte pour enfants, mais peu à peu, voir même très rapidement, le jeune Kolia me distance. J’ai beau frapper mes rennes (légèrement), rien n’y fait, ils avancent comme des tortues. Il faut dire que la perche en bois de quatre mètre de long, elle n’est pas facile à manier.
Kolia m’attend, « alors, t’arrives pas à me rattraper ? » je lui explique que je ne suis pas un expert et que c’est la première fois…Tant bien que mal on continue. Kolia s’arrête, je m’arrête, il me montre comment en pleine clairière attacher les rennes pour qu’ils ne se sauvent pas avec le traîneau.
Manier des rennes attelés c’est plein de subtilités !
Une cigarette, un « ptit » coup de boisson locale et c’est reparti…C’est beau, extraordinaire, mais au bout de trois heures, le maniement de la perche en bois commence à me provoquer une réelle douleur dans le bras gauche.
J’aurais rêvé de traverser le nord de la Sibérie avec des rennes attelés, mais maintenant, je comprends que cela n’est pas pour moi, ou alors avec un chauffeur !
Deux heures trente du matin, nous arrivons enfin chez la huitième brigade. Mon seul espoir : qu’il fasse chaud ! Les chiens aboient, ici pas d’isba, mais un « tchoum » une sorte de grande tente, style « typee » en peaux de rennes disposées sur des grandes perches en bois. Nous entrons à l’intérieur. Bon dieu, ambiance froide, le poêle est éteint, le sommet de la tente est à ciel ouvert. Un homme sort de dessous un tissu et nous accueille, je m’excuse de l’heure tardive de notre arrivée, il me répond que cela n’a pas d’importance. Je lui tends une bouteille, il me propose de la garder pour demain.
Je lui réponds qu’avec la température plus que fraîche on pourrait l’entamer tout de suite.
Une femme sort de derrière la tenture puis un autre homme du côté droit, le poêle est rallumé, la soupe et le renne chauffent.
Vraiment sympa et accueillant ces Komis éleveurs de rennes mélangés par tous les horizons…Ils respirent la vie traditionnelle, on peut se demander comment ils peuvent aujourd’hui la continuer, comment ils arrivent à s’en sortir et comment tout cela va peut-être rapidement finir.
Quelques jours plus tard, avec encore un périple en rennes pour revenir chez Vassia j’ai rejoint la petite ville de Saranpaul en véhicule tout-terrain, sorte de char d’assaut monté sur chenillettes, commun à toute l’ex-Urss.
D’autres rencontres et retrouvailles m’attendaient, des péripéties, des bêtises et celles-ci, pas de Cambrai…
L’heure du retour voulu ou non voulu avait sonné, mais comment partir de ce petit village de Saranpaul. Peu de liaison aérienne et de toute façon pour rallier un autre petit aéroport, autrement 12 heures de bus pour rejoindre un point identique : donc affaire compliquée.
Pour simplifier l’histoire et ne plus trop rentrer dans les détails, Nicolas vannier est arrivé à Saranpaul, souriant mais concentré. Après deux jours de repos, il entame sa traversé l’Oural, dernier obstacle naturel d’envergure sur la route de Moscou.
Toutes mes affaires personnelles sont sur un camion parti dans une petite ville à 300 kilomètres plus au sud, Prépolarn.
La providence, liée en partie à l’expédition, conduit à Saranpaul, le patron de « Tioumentransgaz », Nikolaï Pavlovitch, député de la région en campagne électorale.
À descente d’hélicoptère, il est accompagné par Oleg de Yougorsk avec qui j’avais sympathisé. Je lui demande rapidement s’ils repartent ensuite dans une direction qui peu m’avancer, voir m’arranger.
Oleg pose la question à son patron, la réponse est oui. Ils me prennent « sous leur rotor » et en plus ils doivent se poser le soir même à Prépolarn où se trouvent toutes mes affaires.
À 16 heures, le MI-8 revient. Nikolaï Pavlovitch est en campagne électorale, 1 heure de pause pour un « meeting » avec l’administration locale et nous nous envolons pour de bon. Dans la machine a pris place tout le « staff » de campagne de Nikolaï Pavlovitch ; sa secrétaire de communication, un photographe, Oleg, des journalistes, une équipe de télévision.
Pendant deux heures, du Nord au Sud, l’hélicoptère longe au coucher du soleil l’Oural.
À la tombée de la nuit, nous atterrissons à Prépolarn. Réunion électorale, je récupère mes affaires, puis dîner somptueux avec toute l’équipe.
Le lendemain même scénario, réunion, déjeuner. À 15 heures, je suis à Yougorsk. Grâce à Oleg, après avoir fait une nouvelle rencontre intéressante, je m’envole le soir même pour Moscou. Le lendemain, je retrouve Paris.
Je sais que je ne retournerais pas sur l’expédition, je vais rater l’arrivée à Moscou et la fête des éleveurs de rennes à Saranpaul.
Mais finalement, avoir tenu trois mois, c’est pas si mal…
Le 20 mars Nicolas Vannier boucle son odyssée et arrive à Moscou.
Merci pour ce beau voyage.

Tout ça pour ça, Vladimir Poutine a signé officiellement les documents devant permettre de concrétiser un projet de voie ferré qui doit longer l’Oural du Sud au Nord. Cette voie de chemin de fer doit permettre de rentabiliser l’extraction de tous les minéraux, richesse de l’Oural, ce qui est à l’heure actuelle impossible et cela depuis l’époque soviétique.

La fin des éleveurs de rennes Komis de l’Oural déjà entamer par l’histoire de l’Ex-Urss est peut-être déjà programmé.

A+, Jean Afa

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