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Punta Terrarossa 3245,8 mètres ou Wasenhorn, Valais suisse et Italie.
1ère descente à skis connue de la face Sud Est le 23 janvier 2010 par Rémy Lécluse, 800 m 5.4 E4 passages à 50/55° dans le haut de la face, plusieurs passages « dry skiing », très exposé.
Avec un enneigement plus conséquent, le haut de la descente est probablement plus simple. Passé la quarantaine, peu d’espoirs d’acquérir une Testarossa, il fallait faire quelque chose….
Lors d’une petite rando de pré-saison, à la mi novembre, j’apercevais la face SE de la Punta Terrarossa , sommet situé au dessus du col du Simplon sur la frontière helvético italienne. Deux mois après, à l’aube, départ de l’hospice et déjà une ânerie : j’ai laissé les couteaux et la neige a été raboté par le vent…
Un petit sac léger: 25 litres que je vais payer par quelques dérapages intempestifs à la montée. Une première montée de 1300m me mène à la rimaye de la face N du Monte Leone , où je jumelle et photographie ma face. 900 mètres de descente sur une neige cartonnée et bétonnée par le vent, m’amène au pied de la pente. S’ensuit une ascension en majorité sur une neige durcit par le vent, les quelques passages en neige molle sont, comme par hasard, les sections mixtes où je nage gaillardement. La sortie au sommet se fait par une longue rampe qui traverse à gauche, surmontée d’une bonne grosse corniche. Le sommet est une très belle arête, peu enneigée : je ne pourrai pas chausser au sommet…
La vue est simplement géniale : Oberland Bernois, Valais, Tessin… Je profite de la douceur du sommet pour me reposer : j’ai déjà 2100 mètres de montée dans les pattes et je suis un peu cuit ! Cinquante mètres de terrain varié à pied et je chausse. Petit slalom entre les cailloux en face S et je mets le clignotant à gauche. Je me glisse sous la corniche et rejoint la rampe : belle ambiance et gros gaz. Un passage mixte se négocie skis aux pieds et puis une fois dans le couloir principal, je déchausse pour désescalader un passage plus long. Deux petits ressauts rocheux se franchissent à skis et je vais chercher le dernier passage technique à gauche de nouveau à skis… Ouf, il faut dire que je n’avais pas pris de pitons pour un éventuel rappel et je suis plutôt heureux de m’en sortir sans avoir à utiliser la corde! Les cinq cent derniers mètres sont un beau couloir en neige béton avec deux chicanes rocheuses mais la pente est plus tranquille : 40/45°.
Au pied de la face, je rechausse les peaux pour remonter au Chaltwasserpass qui me permet de basculer sur le versant suisse et ainsi redescendre au col du Simplon : 400 mètres de montée en plus. Suit une jolie descente dans la lumière rasante de l’après midi et huit heures après mon départ, je rejoins ma voiture fourbu et heureux : 2500 mètres de montée et de descente dont une très jolie pente originale.
Merci à Dynastar, Grivel et Directe Alpine.