Grimpeur à toucher les étoiles.

P….. quel pied ! Hier à ma fenêtre Chamoniarde très humide, le bonheur d’exister soufflait comme une folle envie partagée. Et la saveur de  l’enchantement embaumait l’air au parfum de liberté. L’émoi était tel, que les pintes de bières accueillies chaleureusement, frisèrent le nombre fatidique du raisonnable, laissant encore à l’heure de l’écriture, ma tête  tout là-haut en gravitation interstellaire et mon haleine légèrement teintée à l’effluve d’Heineken : PLANETE GRIMPE vous me recevez ? 

Comme un rendez vous avec moi-même, dans un état des lieux fixant l’intérêt du temps qui passe, hier le besoin de me sentir grimpeur était essentiel. Les délires de réincarnations imaginatifs et sans lendemain d’une « prochaine vie » me font parfois rêver à ce que je ne suis pas : Musicien, choriste black dans un groupe de rock – la classe en costard quoi…ou surfeur de hautes vagues…ou un arbre…ou le vent. Mais si en vrai une existence était possible à refaire, je revivrai encore grimpeur…et fort de préférence !

Alors capable de libérer cette puissance extraordinaire, j’oserai au bout de mon engagement physique pour enfin pousser ce cri de rage victorieux au sommet de cette voie d’une difficulté extrême…Je serai pareil à Domen Skofic le slovène et Anak Verhoeven la belge qui sont montés si haut toucher les étoiles.

Peu de chance qu’un un nouveau départ soit programmé pour qu’un jour je me joue de la verticalité au niveau supérieur. Je me délecte donc, ébahi par la gestuelle de la grimpe contemporaine dans les devers, à l’image de ces compressions musculaires impressionnant notre foule envoutée. Les grimpeurs sont si beaux dans l’impesanteur et les instants de grimpe sont définitivement magiques: acteur ou spectateur, Je grimpe donc je suis ! 

Hier à Cham ma vie était belle comme un bonheur simple dédié à ceux que j’aime. 

A ceux pour qui le chemin est une lutte sans merci avec bien trop de souffrance : que votre ascension soit fluide, esthétique et audacieuse, à grimper là-haut pour toucher les étoiles, je vous vois heureux en rêve !